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Gérard JUGNOT
Interviews réalisées par Frédéric BENUDIS
Frédéric Benudis - Pourquoi avoir accepté la proposition de Dominique Farrugia ?
Gérard Jugnot - Parce que j’ai lu un scénario qui m’a plu, avec un personnage rigolo à faire. Me retrouver avec Thierry Lhermitte, mon ami de trente ans, me faisait plaisir. Dominique, je ne le connaissais pas très bien, on avait fait des trucs avec Les Nuls et la chaîne Comédie ! Je pense qu’il avait un peu peur de nous deux ! J’ai accepté, parce qu’il n’y a pas de réalisateur de comédie qui ait le sens de la sincérité, de la déconnade. Il sait filmer. Là, le film est en Scope, il prend du plaisir à faire des scènes d’action où ça bouge, c’est rare.
F. B. - Lui était Nul, avant ! Comment Dominique Farrugia vous a-t-il présenté Trafic
d’influence ?
G. J. - Thierry avait lu le scénario et était pressenti, et plein de gens devaient le faire et puis bon, la vie veut quehttp://www.traficdinfluence.com/. Il m’a dit “c’est un rôle pour toi”, ça lui faisait plaisir de le faire avec moi. C’est un peu ce qui m’a branché. Dominique n’osait peut-être pas me le proposer, il avait peur comme je l’ai dit avant. Peur d’être incontrôlable. On s’est vus à Cannes et on est partis. Il y a une sorte d’internationale de la comédie, l’espéranto du rire, les gens de tous les horizons, on se comprend sans se parler.
F. B. - Qui est votre personnage ?
G. J. - Il s’appelle Gérard Ravanelli. Rien à voir avec le footballeur ; je dis ça pour l’OM. C’est un personnage qui est député, il vit des Travaux publics, donc il est d’une extraction modeste, pas trop d’éducation, un escroc qui s’oppose à Maxime de Labardière qui est un noble, qui n’a pas besoin de ça pour s’enrichir. Il y en a un qui se salit les mains au nom de la politique et l’autre en son nom propre.
F. B. - Quels sont les qualités et les défauts de votre personnage ?
G. J. - Je pense qu’il a plus de défauts que de qualités. C’est un type qui est un escroc parce qu’il veut y arriver, que dans sa tête, la fin justifie les moyens et qu’il n’a pas le sentiment d’être un escroc. Il n’a pas le sens de la mesure. Je ne connais personne qui n’ait pas fait de travaux sans factures, qui n’a pas fait d’argent au black. Lui, il pousse la fantaisie un peu plus loin. Au lieu de petites choses, il fait de grandes choses, et il dit : “Vous êtes tous comme moi”. Dans ce domaine, tout est problème de nuance.
F. B. - Vous êtes-vous préparé pour ce rôle ?
G. J. - Enormément. J’ai suivi un stage de six mois à Los Angeles avec un training important. Non, pas du tout, je suis moi-même un escroc et ça s’est fait tout naturellement. Vous savez, je crois que si le rôle est bien écrit, si le costume est juste, le casting fait beaucoup.
F. B. - Comment est Dominique Farrugia réalisateur ?
G. J. - Il s’y connait, il écoute ses techniciens sans être débordé. Il a une vraie idée, il a storyboardé beaucoup de scènes. Tout ça est très précis, très travaillé, il aime ça. On a tourné à deux ou trois caméras, en format Scope. Il aime le spectacle.
F. B. - Vous vous êtes inspiré de personnages réels pour créer votre personnage ?
G. J. - Il est habillé comme des gens qui ont existé, mais en fait avec Thierry, on ne s’est pas trop inspiré de ça. C’est trop restrictif. Si on commence à les comparer, ça ne fonctionne pas. On est dans la fantaisie, même si les racines sont dans le quotidien.
F. B. - Si je vous donne dix secondes pour convaincre les gens d’aller voir Trafic
d’influence, que leur diriez-vous ?
G. J. - On a pris beaucoup de plaisir à faire ce film, on a ri comme des ânes, ça nous ferait plaisir que vous veniez partager notre plaisir. Mais on a pris tellement de bonheur sur ce film, comme dirait Noël Noël : “C’est toujours ça de pris !”
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