making-of
enquête
dossier
jeux
e-card



seancesinterview

photosliens















Dominique FARRUGIA
Interviews réalisées par Frédéric BENUDIS


F. B. - Vous pouvez nous résumer l’histoire ?


D. F. - Une femme flic qui emmène deux prisonniers politiques entre Paris et Melun pendant une grève générale.

F .B. - Vous aviez déjà les comédiens en tête à l’écriture du scénario ? Thierry Lhermitte, Gérard Jugnot, Aure Atika ?

D. F. - Pas à l’écriture, ça s’est fait doucement après. Thierry a beaucoup soutenu le projet. Après le lui avoir proposé, je l’ai proposé à Aure, puis j’ai réussi à trouver des dates pour le faire avec Gérard, qui était au théâtre.

F. B. - Pourquoi Thierry Lhermitte ?

D. F. - Pour son côté Cary Grant français! Voilà, c’est ça que j’aime bien, c’est son côté très chic et en même temps qui peut dire des insanités, j’avais besoin de ça. Là, je me suis inspiré d’un vrai homme d’appareil politique français qui aurait été créé à l’ENA et ensuite qui aurait servi loyalement son parti. Alors que Gérard Ravanelli, joué par Gérard Jugnot, est quelqu’un qui vient du peuple, quelqu’un qui a gagné de l’argent ailleurs que dans la politique mais qui en a gagné plus avec la politique, qui en a gagné trop d’ailleurs et qui est en prison.Quant à Aure, Ce que j’aime chez cette jeune femme, c’est qu’elle a quelque chose de beau et dur en même temps. Une sorte de Clint Easwood au féminin.

F. B. - TRAFIC D’INFLUENCE, c’est votre deuxième film. Est-ce qu’il y a un syndrome du deuxième film ?

D. F. - En l’occurrence, non ! Parce que le premier n’a pas été un énorme succès. Il n’y a pas vraiment de syndrome. Non, moi, j’avais envie de faire ce film-là, de faire un film d’action. J’avais envie de faire un vrai film qui bouge, à l’inverse de mon premier qui était vraiment un petit film fait rapidement en cinq semaines et demie, filmé caméra à l’épaule. Alors que là, on a tourné onze semaines, deux, trois caméras, parfois des ralentis, des motos qui explosent, des voitures qui explosent, des poursuites en voitures.

F. B. - Est-ce que c’est un rêve de gosse, les armes, les voitures, le road movie ?

D. F. - C’est extraordinaire : tout ce que j’aime, j’ai réussi à le mettre dans un film, donc c’est top. On me donne de vrais soldats pour jouer! C’est tout ce dont j’avais envie. Au début les flingues, ça me foutait un peu la trouille, et plus ça va, plus j’aime ça, que ça tire! J’ai même pris une douille dans la joue pendant le tournage et je ne m’en suis pas aperçu. C’est la scripte qui a eu peur et qui s’est jetée sur moi. Je n’avais même pas senti que j’avais reçu une douille dans la joue.

F. B. - Votre premier film était une comédie, celui-là également, vous pensez que vous n’allez faire que des comédies ?

D. F. - J’aimerais bien ne pas faire que des comédies. J’aurais aimé faire quelque chose comme Spinal Tap de Rob Reiner et ensuite, comme lui, passer à autre chose.

F. B. - Comment se comporte Dominique Farrugia producteur avec Dominique Farrugia réalisateur ?

D. F. - Sur celui-là, je suis très peu producteur. C’est surtout Olivier Granier qui l’est et je me comporte en essayant de ne pas dépasser et en ne cèdant pas à tous mes caprices, mais je ne me suis vraiment pas mis dans la peau du producteur du tout là-dedans. Je n’avais pas assez de recul. C’est vraiment Olivier qui a produit le film.

F. B. - A votre avis, en tant que réalisateur, quelles sont vos qualités, quels sont vos défauts ?

D. F. - Les défauts, c’est beaucoup ! c’est l’impatience, je suis très très impatient et, un problème de concentration parfois qui m’ennuie, je n’arrive pas à me concentrer très très longtemps ou parfois je ne suis pas très joueur de golf. Mes qualités, c’est peut-être d’avoir joué la comédie et de n’avoir pas aimé ça avant, pour ne pas faire trop chier les comédiens après!

F. B. - Qu’est-ce qui vous reste à apprendre en tant que réalisateur ?

D. F. - Déjà je serai réalisateur quand j’aurai fait cinq films. Donc pour l’instant je vais dire que je fais des films un peu et qu’il me reste un peu tout à apprendre… Puisque sur celui-là j’ai déjà beaucoup appris et je crois que sur le prochain, j’aurai encore plein de choses à apprendre. Il y a tout le temps plein de trucs à apprendre, heureusement d’ailleurs sinon ce serait chiant. Non mais, c’est vrai que j’aimerais bien faire un film qui fait pleurer, mais un film différent pour justement voir ce que ça donne, parce que la sentence, c’est :Ah tiens ! C’est drôle!! OK c’est la sentence, La sentence de l’émotion, je ne la connais pas bien, donc voilà.

F. B. - Il paraît que vous êtes très directif, vous savez exactement ce que vous voulez, vous laissez peu de place à l’improvisation ?

D. F. - Oui, mais c’est une habitude des Nuls. Nous étions de mauvais improvisateurs, donc on écrivait tout tout tout. Moi, j’ai la scène en tête, j’ai une musique en tête et j’essaye de la retranscrire.

F.B. - Quand on lit l’histoire de TRAFIC D’INFLUENCE, on a l’impression que c’est une vraie comédie, et en fait, pendant le tournage on se rend compte qu’il y a plein de scènes d’action. C’est ça qui vous fait plaisir ? On dirait que c’est vraiment très jouissif pour vous de mélanger les deux !

D. F. - Parce qu’on a peur pour les acteurs, on se dit :Aah, ils vont se faire tuer, aaah! et puis non! Et c’est marrant à tourner, c’est marrant d’avoir dix mecs qui tirent avec des flingues énormes dans tous les sens, dix cam. Tout ça, c’est drôle, c’est aussi jouissif que de mettre en scène une comédie. Mais c’est vrai que, quand j’ai fait trop de poursuites en voiture, j’aime bien retrouver les acteurs et travailler avec eux.

F .B. - Quel souvenir vous restera-t-il du tournage de TRAFIC D’INFLUENCE ?

D.F. - Il y avait une soirée avec un plan de grue devant la prison avec Jugnot et Lhermitte, où Jugnot était vraiment très bon, et il a une scène un peu, un tout petit peu tendre et il s’est gauffré sur un mot et ça nous a tous fait éclater de rire. C’était dommage parce que la scène était vraiment belle, et ça, c’est un bon souvenir parce que c’était marrant et puis le vrai truc, c’était la rencontre avec les deux comédiens et la comédienne, ils sont vraiment… C’était vraiment fort.

F. B. - Dernière chose, je vous pose des questions que m’ont posées les comédiens Dominique, comment s’appelle cette secte-là, avec des mecs en short qui tapent dans une balle qui va dans un truc comme ça.

D. F. - ça s’appelle des basketteurs, je crois, ou alors des shortophiles, je sais pas, c’est l’un ou l’autre, peut-être des shortophiles-basketteurs.